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Comme pour la majeure partie du territoire catovien, jusqu’à la fin du XIXe siècle, le secteur de l’actuel quartier Ouest était composé principalement de terres en friche, de vergers et de serres.
D’après les plans cadastraux de 1885, ce quartier correspondait aux secteurs dits des Bois et de la Plaine. Ces noms et ceux des lieux-dits (les Sablons, les Graviers...) sont à l’image de cette zone alors principalement rurale. Pendant longtemps, seul un moulin à vent construit en 1684 sur l’actuel terrain de la Maison pour Tous se détachait de ces paysages vides de toute habitation.
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les notables venant de Paris et alentours s’installaient à proximité de la gare ou au centre du village, au coeur de l’activité de la commune et proche des bords de Seine. Mais, bientôt, ces nouveaux arrivants aisés amènent dans leur sillage artisans et ouvriers. Cependant, les terrains au centre du village de Chatou demeurent trop coûteux pour eux et ils s’installent un peu plus loin sur des terrains moins chers.
Avec l’implantation du cimetière au lieu-dit « Les Cormiers » en 1862, quelques habitations principalement de maraîchers et d’artisans, voient le jour aux alentours, dans les bas de la rue des Landes, le long de l’actuelle rue du Général Leclerc (anciennement route de Montesson) et du boulevard de la République qui prend son nom actuel vers 1880- 1885. Ce boulevard devient un axe de passage digne de ce nom grâce aux travaux entrepris par le propriétaire de la Faisanderie, M. de Brimont, dans les années 1840.
Avec l’installation des entreprises Pathé sur le boulevard de la République en 1897, on assiste à une véritable évolution du quartier. En effet, peu à peu, l’industrialisation attire de nouveaux habitants venus travailler dans les entreprises environnantes tels les ateliers de construction mécanique Filtz et Grivolas qui contribueront à cette dynamisation de la zone.
Une dynamisation liée également à la construction de voies nouvelles. En 1898, la rue des Landes est prolongée au-delà du cimetière, la voie Poissonnière est créée. En 1908 et 1909, les rues du Lieutenant Ricard, des Cormiers et Jules Ferry sont viabilisées. Sous le mandat du Maire Léon Barbier entre autres –dont une rue du quartier porte le nom–, les rues des Tournier, Caillou-Mérard, Calmette, Audeoud-Fournier (aujourd’hui disparue, remplacée par la rue Marconi) et la place du Docteur Roux furent aménagées. Le groupe scolaire Jules Ferry et les HBM (Habitats Bon Marché) de la rue Ribot furent également édifiés respectivement en 1929 et 1932. Le quartier s’anime donc peu à peu et, à partir des années 1960, l’habitat collectif se développe : la première tranche des Sabinettes est construite, les ensembles immobiliers des quartiers des Landes et des Tribouillards notamment sont érigés. Les pavillons de la pointe des Courlis et du quartier des Sablons voient également le jour.
Face à cette population croissante, de nouvelles écoles et crèches sont construites : les Sabinettes en 1962, les Larris en 1977 et la crèche du Vieux Moulin en 1975. Les entreprises Pathé ferment définitivement leurs portes en 1992 mais cette vaste zone continue d’évoluer.
L’aménagement de la ZAC Pathé se poursuit. En 2004, la médiathèque est inaugurée. Les activités industrielles sont remplacées par des activités de service avec l’installation de nouvelles entreprises sur l’Espace Lumière. En 2006, la crèche intercommunale des Petits Maraîchers, située chemin de Cormeilles, ouvre ses portes.
C’est donc un quartier aux multiples visages qui se développe, les grands ensembles immobiliers urbains côtoyant les anciennes demeures des artisans et des maraîchers d’autrefois.
Article réalisé avec Corinne Charlery, responsable des Archives Municipales.